LITHI REWMI Par Mohamed El Amine THIOUNE – REMOUS DANS L’ARENE, AFFAIRE SONKO, MAMOUR DIALLO, AMADOU BA, CONQUÊTE DE DAKAR : GAL- GAL ET UPERCUT DE DOUDOU DIAGNE DIECKO

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Les remous actuels dans l’arène de lutte sénégalaise avec en particulier le différend entre des associations de lutteurs et le président du CNG de lutte Alioune Sarr, l’éventualité de la mutation de cette structure en fédération, la lutte comme frein ou non au développement, ont été les centres d’intérêt de l’entretien avec le président national des amateurs de lutte Doudou Diagne Diécko.  L’entrée de l’ancien compagnon du président Abdoulaye Wade dans l’arène politique avec son mouvement « Fidèle Beug sa réw » pour appuyer avec ses propres ressources le président Macky Sall, ont été aussi mis en éclairage par l’opérateur économique plusieurs fois reconduit à la tête de la dite entité de lutte. Le natif de la Médina et compagnon des Seydou Guèye, Birima Mangara, Souleymane Jules Diop, Amadou Ba et les autres, révèle n’avoir pas d’ambition ou des visées pour la mairie de sa collectivité locale. Cependant il pense que l’actuel directeur des impôts Cheikh Ba, au chevet de ses compatriotes, pourrait répondre aux attentes et aspirations des médinois. Doudou Diagne Diécko s’est offusqué des accusations mutuelles, des diffamations comme armes de politiciens ayant cours dans l’arène politique, pour déstabiliser et combattre l’adversaire. Le cas des contradictions soulevées entre le leader de Pastef Ousmane Sonko et l’inspecteur des domaines Mamour Diallo est mis en exergue par lui.  Sans langue de bois, Doudou Diagne Diécko, en droite ligne des dernières recommandations du khalife général des mourides Serigne Mountakha Mbacké lors du dernier magal de Touba, a appelé la classe politique à la préservation de l’intérêt national et de la paix sociale. Il a ainsi invité le chef de la majorité présidentielle le président Macky Sall à davantage d’ouverture à l’opposition ; à cette dernière, il a invité, en dépit des enjeux électoraux, à la retenue et à la raison gardée.

–           La polémique est aujourd’hui largement entretenue dans le différend opposant le président du CNG de lutte le Dr Alioune Sarr à certains lutteurs et certaines associations de lutte mais aussi il y a une nébuleuse autour de la reconduction de ce dernier à la tête du CNG.

–          Il y a des associations de lutteurs comme celle- là dirigée par Khadim Gadiaga et aussi des lutteurs tels l’ancienTigre de Fass Tapha Guèye, Gris Bordeaux, Lac de Guiers, etc, qui se sont mis en porte à faux contre certains règlements comme les sorties délibérées, les ponctions abusives sur le cachet des lutteurs. Je rappelle que j’ai été le premier à combattre certaines choses dénoncées aujourd’hui. J’étais seul dans ce combat mais aujourd’hui des lutteurs surtout à la retraite m’ont rejoint. Le ministre les a reçus pour aplanir les préoccupations, ils devraient au moins nous rendre compte et ils annoncent une marche. On est en démocratie.

Par ailleurs, nos encouragements vont au ministre des Sports Matar Ba qui organise une réflexion générale autour de la lutte. Il lui est dévolu la décision de qui doit diriger le CNG. J’en profite pour dire que des rumeurs font état de la reconduction de Alioune Sarr à la tête du CNG mais il n’en n’est rien.

 

–          Il est évoqué l’éventualité de la mutation du CNG de lutte en Fédération nationale de lutte.

–          Vous savez, tout est question de gestion et de dépense financière dans la lutte. Si le CNG de lutte cède la place à une FLS, de nouvelles dispositions, de nouvelles instances comme les ligues régionales seront mises en place. Des charges financières afférentes et supplémentaires seront ainsi déployées pour l’organisation et la tenue obligatoire d’activités de lutte requises. Nous pensons qu’avec certaines limites actuelles, il importe le maintien encore du CNG et éventuellement son renforcement et sa bonification.

–          La lutte est-elle réellement un frein ou un facteur de développement comme cela est évoqué ?

 

–          La lutte ne peut être un frein au développement. L’orientation des jeunes dans la pratique de la lutte leur permet de s’épanouir eux et leurs familles au plan socIo- économique. C’est un terreau d’emplois qui participe à la lutte contre l’oisiveté et empêche ainsi les occupations prohibées. Des gros investissements y sont distribués par des sponsors et des promoteurs du moment comme Pape Abdou Fall, Gaston Mbengue, Luc Nicolai, Fallou, Assane, etc. Nous les encourageons davantage. Chaque semaine, des sommes d’argent importantes sont investies dans les familles et le voisinage des lutteurs, dans les quartiers et autour de l’arène avec des milliers de commerçants, de vendeurs de toutes sortes qui y tirent profit. Pour dire que la lutte participe grandement à la vie économique et sociale du pays.

–          Doudou Diagne Diécko est considéré comme un acteur social au service des déshérités et des indigents.  Il se susurre que des pontes du régime sont derrière vos activités de bienfaisance?

–          Nous gérons une société et nous partageons nos ressources avec nos compatriotes.  Cependant nous avons dans certaines de nos activités sociales de l’appui pour venir en aide à des nécessiteux et cela depuis l’ancien régime avec le président Wade et des personnalités comme Pape Diop qui ont appuyé le CNG. Par l’entremise de maître Dior Diagne, la présidente de la Fondation Servir le Sénégal Mme Marième Faye Sall nous a été présentée. Nous l’encourageons pour ce qu’elle fait pour les démunis et indigents. Mais nous n’avons jamais reçu ni des tenants de l’ancien régime, ni de ceux d’aujourd’hui des ressources notables. Nos rapports ne sont pas aussi basés sur l’argent. Nous sommes d’abord des patriotes.

–          Qu’est- ce qui explique votre entrée dans le Macky ?

Nous évoluons dans le monde de la lutte et le président Macky Sall qui aime la lutte y a posé des actes salvateurs et appréciables, notamment avec la subvention de la lutte, le drapeau du chef de l’Etat. En campagne électorale, il nous avait promis l’arène nationale, il l’a réalisé au moment où l’opposition était contre l’érection de ce temple de la lutte.

Cela est une bonne motivation pour le soutenir, sans aussi compter le fait qu’il a promis des proches et serviteurs de la république tels Amadou Ba, Cheikh Ba, Birima Mangara, Mamour Diallo, Seydou Guèye, Souleymane Jules Diop. Des personnalités avec qui nous œuvrons pour l’intérêt supérieur du pays.

–          N’avez- vous pas l’ambition de devenir le maire de la Médina lors des prochaines élections locales de 2019 ?

–          Je n’ai pas cette ambition. Il y a d’autres fils de la Médina qui peuvent d’afficher tels le directeur des impôts Cheikh Ba. Nous travaillons du reste à cela. Il y a le travail de jonction à faire avec les médinois.

–          A quelques échéances de l’élection présidentielle, l’arène politique est en effervescence avec des acteurs politique qui usent d’accusations, de diffamations et d’attaques verbales inouïes, pour anéantir l’adversaire du camp opposé. Vous en faites quelle lecture ?

–          La meilleure attitude pour les politiciens, c’est d’être justes, probes et honnêtes. Ce ne sont pas les contre- valeurs qui promeuvent. Au Sénégal, l’on accuse sans gêne, souvent sans preuve établie et cela peut causer des préjudices irréparables. Comme c’est le cas avec le ministre Salif Ba devenu malade et qui a succombé à ses accusations. Aujourd’hui les accusations du leader de Pastef Ousmane Sonko ( opposition ) contre l’inspecteur des domaines Mamour Diallo ( majorité présidentielle ) sont sur la sellette. Cette affaire a des relents politiques. Nous pensons qu’en tant que député, si Sonko a des preuves de ses accusations, il pourrait les porter à la table de l’Assemblée nationale. D’autres pensent que Mamour Diallo devrait  porter plainte contre Sonko mais que s’il le faisait, l’on ne manquerait pas aussi de dire que cela est pour coincer et condamner l’opposant devant les juridictions. Dans tous les cas, nous pensons que comme les autres fonctionnaires de l’administration, Mamour Diallo a le droit de descendre dans l’arène politique et l’on ne devrait pas l’en dissuader avec des accusations devant porter atteinte à son honneur. Certaines pratiques non orthodoxes doivent ainsi cesser, pour assainir l’espace politique. Ainsi les recommandations du khalife général des mourides Serigne Mountakha Mbacké lors du dernier magal de Touba doivent-elles être suivies à la lettre par la classe politique.

–          Sur ce registre et pour apaiser le climat politique, le chef de la majorité présidentielle devrait davantage poursuivre sa main tendue à l’opposition et cette dernière devrait avoir plus de retenue et de bonne foi.

 

–          Dakar semble être une fixation pour le camp présidentiel. La conquête de la capitale sénégalaise aujourd’hui entre les mains de l’opposition est- elle acquise ?

Les responsables du camp présidentiel doivent cesser leur positionnement avant la lettre. Ils doivent d’abord travailler pour que Macky Sall gagne la présidentielle. C’est sa victoire qui détermine leur avenir. Ils se focalisent sur le parrainage, cela est un non-sens. Ils doivent plutôt descendre sur le terrain, mouiller le maillot, être accessible, ne pas fermer leurs portables, répondre favorablement aux besoins et préoccupations des militants et des populations, vulgariser les réalisations du PSE et du président Macky Sall. Cette attitude est attendue des responsables comme Amadou Ba, délégué régional de Dakar. Il a des acquis certains, mais il est difficile d’accès. Il doit faire le maillage des 19 communes de Dakar. Il doit ainsi y installer des relais, pour aller à la conquête de l’électorat et le massifier autour du candidat Macky Sall. La politique c’est bien le terrain et non les salons feutrés, les medias, l’internet.

–          Votre dernier mot ?

Nous croyons en Dieu. Nous devons dans l’amour du prochain, le pardon, la solidarité, préserver la paix, la stabilité dans notre pays.

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